Au Nigeria, les appels à manifester ce lundi 20 octobre en mémoire des victimes du massacre de Lekki, survenu en 2020, et pour exiger la libération du leader indépendantiste biafrais Nnamdi Kanu, ont peu mobilisé. Malgré une campagne relayée sur les réseaux sociaux, l’armée et la police ont verrouillé les principales villes, empêchant tout rassemblement d’ampleur.
À Abuja, plusieurs commerces du marché Utako sont restés fermés en signe de solidarité, mais la majorité des habitants ont préféré rester chez eux, redoutant la répression. Des barrages policiers ont bloqué l’accès à la capitale, notamment depuis les quartiers périphériques.
Arrêté depuis 2021, Nnamdi Kanu demeure détenu par les services de sécurité malgré une décision de justice ordonnant sa libération en 2022. Son cas, symbole des tensions entre le pouvoir central et les régions du sud-est, ravive les blessures d’un pays encore marqué par le souvenir sanglant du mouvement End SARS.
Cinq ans après Lekki, les mêmes scènes se répètent : forces de l’ordre déployées massivement, gaz lacrymogènes, climat de peur. Pour beaucoup de Nigérians, cette journée de mémoire rappelle qu’entre promesses de réforme et réalité du terrain, le fossé reste immense.
Nigeria : entre peur et colère, la mobilisation pour Nnamdi Kanu tourne court
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