L’ancien président Boni Yayi est sorti de son silence après le rejet de la candidature de Me Renaud Agbodjo à la présidentielle de 2026. Dans une vidéo publiée par son parti Les Démocrates, il accuse le président Patrice Talon de mener une « politique d’exclusion » et évoque même un « plan de déstabilisation » visant son parti. Mais derrière ces déclarations se cache surtout une tentative de détourner l’attention des difficultés internes qui minent Les Démocrates.
Lorsqu’il affirme avoir rencontré Patrice Talon le 24 octobre « en tant qu’ancien président », Boni Yayi oublie que cet échange s’inscrivait dans un cadre républicain et non partisan. En tirant de cette rencontre des conclusions politiques, il cherche à transformer un geste de respect institutionnel en outil de polémique.
Le rejet de la candidature de Me Agbodjo n’est pas le fruit d’un complot, mais d’une décision légale rendue par la Cour constitutionnelle. Les lois électorales sont les mêmes pour tous, et Les Démocrates, qui ont déjà participé aux législatives de 2023, ne peuvent aujourd’hui se poser en victimes d’un système qu’ils connaissent parfaitement.
Au lieu d’accuser le pouvoir de tous les maux, Boni Yayi gagnerait à reconnaître les défaillances internes de son parti et à encourager la cohésion. Comme l’a rappelé Wilfried Léandre Houngbédji, « Boni Yayi fait du Mister Yayi », en refusant d’assumer ses responsabilités.
La démocratie béninoise n’a pas besoin de discours de diversion, mais de vérité et de responsabilité. Les institutions fonctionnent, et le peuple béninois sait faire la part des choses entre l’excuse politique et la réalité des faits.






