➤ Une réaction jugée « nécessaire » par Bamako
Selon la HAC, le contenu incriminé contenait des propos et images pouvant créer la confusion auprès du public et nuire à la cohésion nationale.
Les responsables de l’institution affirment que cette sanction vise à protéger l’espace médiatique malien contre ce qu’ils qualifient de dérives informationnelles.
➤ Les deux chaînes françaises déjà sous tension dans la région
LCI et TF1 avaient déjà fait l’objet de critiques de la part de certains gouvernements africains pour le traitement jugé déséquilibré de l’actualité de la région.
Cette nouvelle décision malienne s’inscrit donc dans un durcissement progressif des relations entre Bamako et plusieurs médias occidentaux.
➤ Vers un paysage médiatique davantage contrôlé
La HAC rappelle que d’autres organes de presse étrangers ont déjà été sanctionnés par le passé pour des manquements similaires.
Elle insiste sur la nécessité, pour les médias opérant au Mali, de respecter les règles professionnelles, de vérifier leurs informations et d’éviter tout contenu pouvant être interprété comme de la désinformation.
➤ Une décision qui relance le débat
Cette suspension soulève de nouveau la question de la liberté de la presse et des relations entre États africains et médias internationaux.
Si certains saluent une décision de souveraineté, d’autres y voient un risque d’isolement informationnel.
Cette levée de sanction marque la fin d’une période éprouvante mais aussi fondatrice. Pendant six mois, journalistes, techniciens et collaborateurs de Joliba TV News ont été réduits au silence. Pourtant, loin d’éteindre les voix, cette suspension a ravivé le débat autour de la liberté d’informer au Mali et mobilisé un large éventail de soutiens, tant au niveau national qu’international.
La direction de la chaîne promet une nouvelle ère : formats repensés, décors modernisés et programmes inédits. Mais surtout, elle réaffirme son engagement à incarner un média libre, rigoureux et responsable, à l’écoute des réalités du pays, du continent africain et de sa diaspora.
« Être un média libre aujourd’hui, c’est décrypter les enjeux avec rigueur et courage », souligne la rédaction, tout en rappelant son attachement à des valeurs fondamentales : indépendance, équité et responsabilité.
La chaîne a tenu à remercier l’ensemble des organisations professionnelles, la Maison de la Presse et son président Bandiougou Danté, les forces vives de la Nation, les instances internationales de défense de la presse, ainsi que les citoyens — anonymes ou non — qui ont plaidé pour sa réouverture.
Un hommage particulier est rendu à Issa Kaou Ndjim, intervenant régulier sur les antennes de Joliba TV News, actuellement incarcéré. La rédaction rappelle que, quelle que soit la diversité des opinions, aucune démocratie ne peut exister sans pluralité de voix.
Soucieuse d’éviter les tensions passées, la chaîne exprime sa volonté de maintenir un dialogue constructif avec la HAC, dans l’objectif d’une régulation juste et équilibrée du secteur.
]]>Dans un courrier adressé aux distributeurs de services audiovisuels, la HAC a exigé le retrait immédiat de TV5 Monde de leurs bouquets. Le rapport en question a été jugé « partiel » et « déséquilibré », et aurait, selon l’autorité, contribué à « la diffamation des forces armées et de sécurité » du pays. Ce reportage relatait un mouvement de contestation qui a vu le jour à Bamako, où des militants exprimaient leur colère face à l’annulation d’un meeting politique, appelant ainsi à un retour à l’ordre constitutionnel.
Les tensions entre la chaîne et le gouvernement malien ne sont pas nouvelles. En septembre dernier, TV5 Monde avait déjà été suspendue pour une durée de trois mois, tandis que d’autres chaînes françaises, telles que France 2 et LCI, avaient subi des sanctions similaires. RFI et France 24, quant à elles, sont coupées depuis mars 2022, en raison de reportages sur les exactions de l’armée malienne en collaboration avec le groupe Wagner.
Cette situation soulève des inquiétudes quant à la liberté d’expression et au pluralisme médiatique au Mali. Les organisations de défense des journalistes, telles que Reporters sans frontières (RSF), dénoncent régulièrement les atteintes à ces libertés fondamentales dans le pays et dans l’ensemble de la région du Sahel.
Alors que la rédaction de TV5 Monde n’a pas encore réagi à cette suspension, la HAC a choisi de ne pas commenter la situation. Les observateurs craignent que cette décision ne marque un nouvel épisode dans la répression des médias au Mali, déjà confrontés à des défis importants en matière de liberté de la presse.
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