C’est dans une salle comble, vêtu d’un boubou blanc symbolique, que Barthélémy Dias a dévoilé ce projet qu’il présente comme une réponse au désenchantement populaire. « Un mouvement né de la fatigue d’attendre, du refus de courber l’échine », a-t-il déclaré, dans un discours chargé de messages à la fois combatifs et rassembleurs.
Cette initiative intervient quelques mois après un double revers électoral : la perte de son siège de député puis de maire de la capitale sénégalaise en décembre dernier. Pour de nombreux observateurs, cette création marque sa volonté de rebond politique et de s’affirmer en solo après sa séparation récente de son ancien mentor Khalifa Sall.
Avec « Sénégal Bi Ñu Bokk », Dias se positionne désormais comme une figure indépendante de l’opposition, dans un paysage politique sénégalais en pleine recomposition, un an après l’accession au pouvoir du parti Pastef. Alors que les premières critiques émergent sur la gouvernance actuelle, l’ancien maire de Dakar entend incarner une alternative crédible.
Dans son appel lancé le 27 mai, Barthélémy Dias s’adresse directement aux exclus du système : jeunes chômeurs, pêcheurs sans soutien, commerçants en difficulté. Il ambitionne de rassembler au-delà des appartenances partisanes, en fédérant ceux qui, selon lui, n’ont plus confiance ni dans la majorité ni dans l’opposition traditionnelle.
À 49 ans, Barthélémy Dias prend un pari risqué mais stratégique : exister politiquement en dehors des structures établies et renouer avec une base populaire déçue. Pour les analystes, cette démarche pourrait lui permettre de regagner une place centrale dans le débat national, à condition de transformer ce mouvement en force structurée sur le terrain.
]]>L’annonce a été faite par Khalifa Sall lui-même, lors d’une réunion avec les membres de la coalition Taxawu Sénégal, qu’il dirige. Selon ses propos, c’est Barthélémy Dias qui a exprimé sa volonté de quitter la coalition, aujourd’hui passée dans l’opposition. Dans les cercles proches des deux hommes, on évoque un « divorce à l’amiable », soulignant le respect mutuel toujours présent entre les deux figures.
Mais derrière cette séparation sans éclats médiatiques se cachent des mois de tensions latentes. Barthélémy Dias aurait reproché à son ancien mentor son manque d’implication durant les élections législatives de novembre dernier, qui se sont soldées par une performance décevante : trois sièges seulement obtenus sur 165.
Au-delà des critiques personnelles, ce sont des divergences plus profondes sur l’orientation politique et stratégique de la coalition qui ont fini par creuser un fossé entre les deux hommes. Leurs bases militantes respectives, de plus en plus éloignées sur les priorités et les méthodes, ont accentué ces désaccords.
Cette rupture marque la fin d’un compagnonnage entamé au sein du Parti socialiste, dont ils avaient été exclus ensemble en 2016 pour insubordination politique. Depuis, Khalifa Sall et Barthélémy Dias avaient construit une dynamique indépendante, souvent en rupture avec les figures traditionnelles du pouvoir.
Pour Barthélémy Dias, ce départ marque le début d’une nouvelle trajectoire. Alors que l’opposition peine à s’imposer dans le débat national, cette rupture pourrait redéfinir les équilibres internes. Reste à savoir si l’ancien maire de Dakar saura capitaliser sur cette émancipation pour affirmer un leadership plus personnel.
]]>